logo

Le site de l'Aquaculture, de l’Écologie des Milieux Aquatiques et de la Pêche à la Réunion

La PCC

LA PCC : POST LARVAL CAPTURE AND CULTURE

Depuis longtemps, l’Homme tente de compenser les atteintes à la nature dont il est responsable en replantant des forêts, repeuplant les rivières ou en réintroduisant des espèces en voie de disparition.

L’acronyme anglo-saxon PCC pour “Post-larvae Capture and Culture”, fait référence à la technique de collecte et élevage de post-larves marines (dernier stade avant le retour et la colonisation du récif) basée sur les caractéristiques du cycle de vie des poissons récifaux.

Développée depuis une dizaine années elle a pour but lutter contre l’appauvrissement des milieux marins et de favoriser la diminution des prélèvements de poissons sauvages.

Technique reconnue comme bonne pratique pour la gestion des récifs coralliens par l’ICRI (International Coral Reef Initiative), l’UNESCO soutient également cette alternative, au travers de son Programme sur l’Homme et la biosphère (MAB).

La PCC consiste prélever une faible proportion de post-larves durant leur phase de retour avant que la majorité ne disparaisse par prédation ou manque d'habitat. Celles-ci sont ensuite mises en élevage pour atteindre le stade de juvéniles.

La PCC se fait au moyen de pièges lumineux de type CARE® (Collection by Artificial Reef-Ecofriendly), procédé développé et breveté depuis 2002 par la société française Ecocean bien que plusieurs méthodes existent. L’avantage de la technique des pièges lumineux est sa facilité de mise en œuvre et la possibilité de les utiliser partout, un simple mouillage est suffisant.

Le principe de capture est simple. Le dispositif est un récif artificiel éclairé qui utilise plusieurs comportements des nouvelles recrues pour les piéger : attraction lumineuse (phototropisme), recherche de contact avec un élément inerte (thygmotropisme) et recherche d’un abri pour se protéger de la prédation. Ainsi, seules les post-larves de poissons récifaux qui sont en phase d’installation seront capturées car elles choisissent de venir se protéger. Les petits pélagiques et les juvéniles, n’étant pas attirés par la lumières, ne sont donc pas piégés.

Malgré l’efficacité des pièges, les animaux capturés ne représentent qu’une très infime portion du flux larvaire, d’où un impact très mesuré sur l’écosystème comparé à des techniques de capture des adultes.

La valorisation des post-larves capturées peut se faire à travers trois destinations : l’aquaculture pour produire des poissons de bouche, le marché de l’aquariophilie et le réensemencement des écosystèmes pour renforcer la biodiversité et la densité des poissons.